Obsequoformalités funéraires
Réglementation · 12 juillet 2024

Inhumation et crémation : le délai passe à quatorze jours calendaires

Depuis le 12 juillet 2024, les obsèques doivent avoir lieu au plus tard le quatorzième jour calendaire suivant celui du décès.

À retenirLe décret n° 2024-790 du 10 juillet 2024 a remplacé le délai de « six jours au plus après le décès, dimanches et jours fériés non compris » par une échéance unique : le quatorzième jour calendaire suivant celui du décès. Le minimum de vingt-quatre heures est inchangé. Les articles R. 2213-33 et R. 2213-35 du code général des collectivités territoriales (CGCT) portent cette rédaction depuis le 12 juillet 2024.

Ce que disait le texte avant

Dans sa version au 1er janvier 2024, l'article R. 2213-33 du CGCT fixait l'inhumation à « vingt-quatre heures au moins et six jours au plus après le décès », les dimanches et jours fériés n'étant pas comptés. L'article R. 2213-35 disait la même chose pour la crémation. Le calcul dépendait donc du calendrier : six jours ouvrables pouvaient représenter huit ou neuf jours réels selon les ponts.

Ce que dit le texte aujourd'hui

Les deux articles retiennent désormais la même formulation : l'opération a lieu « au moins vingt-quatre heures après le décès et, au plus tard, le quatorzième jour calendaire suivant celui du décès ». Deux conséquences pratiques :

Les deux articles conservent des points de départ particuliers. Lorsque le corps entre sur le territoire métropolitain, dans un département d'outre-mer ou dans une collectivité d'outre-mer, le délai court à compter de cette entrée. Lorsque le décès pose un problème médico-légal, il court à compter de l'autorisation délivrée par le procureur de la République.

Les dérogations : deux régimes distincts

C'est la confusion la plus fréquente. Les articles R. 2213-33 et R. 2213-35 prévoient deux mécanismes différents.

Les dérogations individuelles. Elles sont accordées « dans des circonstances particulières » par le préfet. Pour une inhumation, c'est le préfet du département du lieu d'inhumation ; lorsque le corps est transporté en dehors du territoire métropolitain ou d'un département d'outre-mer, c'est celui du lieu de fermeture du cercueil. Pour une crémation, R. 2213-35 ne connaît que le préfet du département du lieu du décès ou de la crémation. Le texte ne fixe aucun plafond exprès à ces dérogations individuelles.

La dérogation générale pour circonstances locales. Le dernier alinéa des deux articles permet au préfet de déroger aux délais « pour une durée maximale d'un mois renouvelable ». C'est dans ce cadre, et dans ce cadre seulement, que « le délai dérogatoire ne peut alors dépasser vingt-et-un jours calendaires ». Les vingt-et-un jours ne bornent donc pas la demande d'une famille : ils bornent une mesure collective prise par le préfet pour un département.

À Paris, l'article R. 2512-34 du CGCT confie au préfet de police les attributions dévolues au préfet par les articles R. 2213-33 et R. 2213-35. Une demande de dérogation pour un dossier parisien ne se dépose pas en préfecture de département.

Ce que cela change pour une agence

Trois réflexes à prendre :

  1. Recalculer l'échéance en jours calendaires, à partir du lendemain du décès, et non plus en jours ouvrables. Les fiches internes et les modèles de devis antérieurs à juillet 2024 sont à reprendre.
  2. Vérifier le point de départ avant tout calcul : décès en France, entrée du corps sur le territoire, ou autorisation du parquet.
  3. Ne pas annoncer aux familles qu'au-delà du vingt-et-unième jour rien n'est possible. Le plafond cité vise la dérogation générale ; une dérogation individuelle se demande au préfet compétent, sans borne textuelle, en justifiant les circonstances particulières.

Le décret précise enfin, à son article 3, que « les dispositions du présent décret sont applicables aux opérations funéraires relatives à des personnes décédées postérieurement à leur entrée en vigueur ». Les décès survenus avant le 12 juillet 2024 restaient donc soumis à l'ancien délai.

Obsequo ne fournit pas de conseil juridique : les textes cités sont donnés à titre d'information, dans leur version en vigueur à la date indiquée. Vérifiez la version consolidée sur Légifrance avant toute décision.

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